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Cloud Computing : quels impacts sur les besoins télécoms ?


Cyril Thiery (Agarik) : « Pas le droit à l’erreur dans la gestion des infrastructures réseaux »



Alors que le marché des TIC s’oriente de manière claire vers une architecture de type cloud computing, les besoins télécoms des fournisseurs de services cloud (grands comptes, hébergeurs, infogéreurs, opérateurs, etc.) sont de plus en plus importants. En effet, tous ceux qui mettent des applications à disposition dans des data centers veillent aujourd’hui au respect de critères de connectivité bien précis. Cyril Thiery, directeur des offres de l’hébergeur Agarik nous livre son point de vue.

La société Agarik a été créée en 1997, et rachetée par le groupe Bull il y a trois ans. Agarik est un hébergeur web qui s’adresse à des entreprises « web-centric », ayant par conséquent des applications critiques. Pour apporter le plus haut niveau de qualité à ses clients, Agarik est passé de l’hébergement traditionnel au cloud computing en février dernier, en proposant principalement des services d’IaaS (Infrastructure as a Service) et d’infogérance.


Quels sont les principaux impacts du cloud computing sur votre organisation télécom ?


Très clairement, pour proposer du cloud computing, il faut évidemment maîtriser les métiers de l’hébergement, mais aussi, bien maîtriser ses réseaux ; c’est primordial pour nous assurer de la fiabilité et de la qualité de nos services. Par exemple, il est important de connaître les risques de défaillance afin de définir très tôt les moyens que l’on peut mettre en place pour s’en prémunir. Au sein du groupe Bull, qui est propriétaire de ses data centers, nous gérons toute la partie qui concerne les réseaux d’opérateurs. La qualité des communications entre les data centers est très importante puisque nous atteignons parfois des débits de plusieurs Gbit/s sur nos infrastructures cloud, où sont déjà stockés plusieurs Tera-octets de données.


Sur quels critères choisissez-vous un opérateur ?


Le premier critère est incontestablement la capacité à répondre à nos besoins et nos exigences. Cela peut paraître évident, mais ça ne l’est pourtant pas toujours. En effet, les infrastructures de cloud computing regroupent, sur un même site, plusieurs dizaines, centaines, voire milliers de clients. C’est ce qui fait de la fourniture de services cloud une activité spécifique. Par conséquent, un hébergeur comme Agarik n’a le droit à aucune erreur dans la gestion de ses infrastructures, y compris au niveau des réseaux. La qualité des services que nous offrons à nos clients doit être permanente et ne jamais être impactée par les hausses de volume de données stockées et les pics de trafic. Aussi, en amont des appels d’offres, nos ingénieurs réseaux collectent des informations sur les différents opérateurs à propos de ces critères de qualité et de fiabilité. Ensuite, seulement, nous nous intéressons aux informations plus techniques qui concernent notamment les mesures des temps de latence, du nombre de paquets perdus, etc.


Quels types d’engagements sont nécessaires de la part des opérateurs ?


Des engagements classiques en termes de SLA (Services Level Agreements) et de GTR (Garantie de Temps de Rétablissement). Mais, surtout, nous nous assurons que les opérateurs que nous choisissons mettent en place les moyens de tenir leurs engagements de qualité. Par exemple, nous vérifions l’architecture de redondance retenue, jusqu’à regarder le tracé des différents liens déployés. En France, peu d’opérateurs peuvent nous apporter le niveau de services que nous demandons. Completel en fait partie et nous travaillons eux depuis trois ans. D’ailleurs, nous apprécions de pouvoir compter sur des échanges réguliers avec notre ingénieur commercial. Il comprend notre métier est cela constitue un point essentiel.