PCA : au-delà de la pandémie
Alors que les risques pandémiques étaient souvent ignorés par les entreprises, l’épisode 2009 de grippe A leur permet de mesurer l’importance des PCA. Les PCA (Plans de Continuité d’Activité) sont des solutions permettant de continuer à travailler en cas d’absentéisme forcé. Incontestablement, il y aura un avant et un après grippe A. Explications.
Les entreprises françaises, notamment les grands comptes, n’ont pas attendu l’arrivée de la grippe A dans l’hexagone pour mettre en place des PCA (Plan de Continuité d’Activité) et des PRA (Plans de Reprise d’Activité). En effet, l’établissement de ce type de dispositifs est indispensable pour faire face efficacement aux événements imprévus qui peuvent toucher une organisation, comme l’incendie d’un local par exemple ou encore une panne de matériels.
Toutefois, les conséquences d’un épisode de pandémie dépassent assez largement celles qui sont le plus souvent prises en compte dans les PCA classiques. En effet, ces derniers ont surtout pour vocation de prévoir des scenarii de reprise d’activité en cas d’indisponibilité de matériel. Dans le cas d’une pandémie, il s’agit pour les entreprises de déterminer les collaborateurs dont l’activité doit être poursuivie et de donner les moyens à ceux-ci de travailler à distance, le plus souvent depuis leur domicile. Des procédures que les entreprises n’ont pas toujours, et même pas souvent, mises en place. À tel point que le gouvernement a, dès le mois de juillet 2009, publié une circulaire destinée à conseiller les entreprises sur la conduite à tenir pour faire face à la pandémie de grippe A. Et cette circulaire préconisait notamment l’élaboration d’un PCA adapté. « Pour répondre à ces besoins spécifiques, nous avons travaillé sur deux axes », explique Frank Pharose, Chef de Produits Internet et Sécurité chez Completel, « d’une part permettre aux collaborateurs d’accéder aux ressources clés de l’entreprise depuis chez eux et, d’autre part, les rendre facilement joignables ».
De cette réflexion sont nées deux solutions spécifiquement dédiées aux risques pandémiques. La première, baptisée Nomade PCA, permet aux collaborateurs d’avoir accès à distance au système d’information de l’entreprise, et notamment aux applications métiers. Cette solution repose sur une plate-forme de télétravail installée dans les locaux de l’opérateur. Afin de garantir la sécurisation des communications, chaque utilisateur dispose d’un kit logiciel à installer sur son PC. « En fait, une passerelle de sécurisation IPsec est dédiée aux utilisateurs », explique Franck Pharose, « et de base ces passerelles ont recours à des certificats pour obtenir une authentification plus forte ».
La deuxième offre, nommée Accueil PCA, permet d’assurer la continuité du service d’accueil téléphonique. Proposée en mode Centrex pour les PME, cette solution permet à la standardiste de gérer à distance les appels entrants grâce à une application à installer sur son PC. Pour les grandes entreprises, le service Accueil PCA est fourni en mode automatique par le biais d’un SVI (Serveur Vocal Interactif) qui assure la distribution des appels vers les collaborateurs concernés. « Cette solution permet d’activer des scripts destinés à modifier les profils des correspondants, ou encore inclure des numéros de mobiles, voire de domiciles dans les numéros à faire sonner », explique Franck Pharose, « c’est une plate-forme de routage intelligent ».
Cet épisode de grippe A va sans doute inciter les entreprises à inclure désormais dès l’origine ce type de solutions dans leurs PCA. Et peut-être aussi à considérer le télétravail sous un nouveau jour.




